Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen

Ulrich Beck, Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen, Autrement, paris, 2013, 162 p.

Cet ouvrage du sociologue allemand Ulrich Beck, préfacé par Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, France), analyse la prise de pouvoir progressive de l’Allemagne au sein de l’Europe dans le contexte de la crise, profitant de la désorganisation générale. L’auteur décortique le processus par lequel l’Allemagne s’est érigée en puissance politique, parvenant à imposer ses décisions au reste de l’Union. Le sociologue souligne, par comparaison à sa théorie sur la « société du risque », que la crise actuelle est présentée comme une situation exceptionnelle avec possible retour à la normale, alors que le risque de crise, lui, est permanent et passe pour une situation normale, susceptible d’entrainer une grande transformation de la société. Dans ce contexte, la chancelière allemande, Angela Merkel, se serait inspirée de Machiavel pour utiliser la crise afin de transformer les rapports de force en sa faveur et instaurer « une forme de domination non intentionnelle qui trouve sa légitimité dans l’éloge permanente de l’épargne ». Ainsi, cette domination, selon l’auteur, ne serait plus légitime démocratiquement mais imposée par le pouvoir économique dominant. Pour lui, c’est donc bien d’une crise de la démocratie dont l’Europe souffre actuellement.

Pour plus d’informations, voir : http://www.autrement.com/ouvrages.php?ouv=2746734937