Peu d’annonces économiques au Conseil européen

Le Sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement du 30 août dernier a mis fin à un suspense de plus en plus faible avec l’annonce de la nomination du Premier Ministre polonais en exercice, Donald Tusk, à la Présidence du Conseil européen, en remplacement d’Herman Van Rompuy. L’italienne Federica Mogherini a été désignée officiellement quant à elle à la tête de la diplomatie européenne, en remplacement de la Britannique Catherine Ashton. La candidature de la première ministre danoise socio-démocrate, Helle Thorning Schmidt, présentée comme favorite début juillet, a finalement été écartée.

 

Leurs mandats respectifs débuteront le 1er novembre prochain, tout comme Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, à la condition que les auditions des candidats commissaires devant les commissions compétentes du Parlement européen ne soient pas retardées…

 

Le sommet européen a réservé quelques annonces supplémentaires puisqu’un sommet dédié à la lutte contre le chômage des jeunes devrait avoir lieu à Rome début octobre, suivi de la tenue d’un sommet spécifique à la zone euro, dont ni la date ni le contenu n’ont été pour l’heure fixés.

 

Ce sommet, vivement souhaité par le Président de la République française, François Hollande, n’a pas reçu pour l’instant un accueil très favorable de la part de l’Allemagne ; pas plus que les appels à appliquer plus de flexibilité dans le respect du pacte de stabilité et de croissance, alors qu’à l’échéance 2015, la France devra présenter un déficit public inférieur à 3% du PIB. De l’aveu même du Ministre français des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, cet objectif sera difficilement réalisable. Une réduction du déficit à seulement 4% du PIB est attendue…

 

Par ailleurs, la proposition du Président français de mettre sur pied un plan européen d’investissements publics-privés de 1200 milliards d’euros sur cinq ans n’a été retenu ni par l’Allemagne ni par Jean-Claude Juncker. Le probable futur Président de la Commission européenne est allé plus loin en refusant toute flexibilité du pacte de stabilité et de croissance, ce qui aurait permis par exemple d’exclure certaines dépenses liées aux administrations de Sécurité sociale du calcul de la dette et du déficit…

Jean-Claude Juncker devrait présenter lors du prochain conseil européen fin octobre les grandes lignes de son plan d’investissement de 300 milliards d’euros pour relancer l’UE.

Le montant de 300 milliards d’euros, qui semble à première vue conséquent, reste modeste s’il est échelonné sur trois ans et réparti entre les 28 Etats Membres…

 

Le mécanisme est censé fonctionner à partir d’injections de capitaux publics et privés, dans des secteurs clés comme l’énergie ou les infrastructures. Il a pour but une meilleure utilisation des fonds européens existants tels que les fonds structurels.

Une recapitalisation de la Banque européenne d’investissement (BEI) a été également envisagée. Toutefois, il est important de rappeler qu’une recapitalisation de la BEI impliquera une hausse automatique de la contribution de chaque Etat Membre au capital de la BEI et non une réaffectation des prêts et garanties existants.

 

Les précisions à venir de Jean-Claude Juncker sur ce point seront déterminantes pour renforcer la capacité d’investissement et la soutenabilité des politiques budgétaires dans l’Union européenne…