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« Paroles et encore des paroles que tu sèmes au vent… »

« Paroles et encore des paroles que tu sèmes au vent… »1.

 

Comme signalé lors de notre précédent éditorial, la Commission se montre peu active depuis sa prise de fonction et ce d’autant plus dans le domaine du social.

 

Certes, nous avions déjà évoqué la faible ambition en la matière dans le programme de travail de l’exécutif européen tout en attendant un développement des quelques actions prévues (Révision de la Directive sur le détachement des travailleurs, évaluation à mi-parcours de la stratégie Europe 2020, etc.)

Il semble que nos attentes soient vaines : aucune révision de la Directive sur le détachement des travailleurs n’est en fait prévue : il s’agira uniquement d’une évaluation des textes actuels.

Concernant la stratégie Europe 2020, suite à la consultation des parties prenantes et au bilan négatif qui en est ressorti, la Commission n’a toujours pas réalisé elle-même son évaluation à mi-parcours. Désintérêt ou  refus de reconnaitre l’échec d’une stratégie qui doit permettre de réduire d’au moins 20 millions le nombre de personnes pauvres ou à risque de pauvreté ? Est-il nécessaire de rappeler que le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale a augmenté pour atteindre 124 millions en 2012 (contre 114 en 2009), soit 8 millions de plus qu’en 2008 ?

 

Encore récemment, Marianne Thyssen, Commissaire à l’Emploi et aux affaires sociales, signalait l’ambition de l’UE de créer une Europe plus juste et plus inclusive et les travaux de la Commission concernant l’Union économique et monétaire (UEM) (notamment l’adoption d’indicateurs sociaux dans la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques).

Pour ce faire, elle en appelle à la collaboration des parties intéressées. Si l’on peut saluer l’approche partenariale et la prise en compte de la société civile, le pouvoir d’initiative reste dans les mains de la Commission. Or celle-ci a jusqu’à présent beaucoup déclaré mais s’est peu engagée par de vraies propositions législatives.

 

Ainsi, elle semble reléguer les questions sociales aux parties prenantes et à la soft law non contraignante ; elle-même poursuivant ses travaux dans son domaine de prédilection, économique, délaissant les dossiers plus sociaux de son agenda (Cf. le programme REFIT et le retrait de la proposition sur le congé de maternité).

 

En témoignent les dernières recommandations par pays publiées le 13 mai 2015, en ligne avec le Programme Juncker  visant à stimuler l’investissement et mettre en œuvre des réformes structurelles et des politiques fiscales responsables mais  peu à lutter contre la pauvreté, si on se fie à leur nombre (6 pays sur 28 en ont reçu).

 

Dans ce contexte, l’implication des parties prenantes et de la société civile est fondamentale. Celles-ci continuent de questionner l’UE sur ses engagements et ouvrent la discussion sur l’Europe à venir.

A signaler, dans le domaine de la Sécurité sociale, la conférence ESIP du 4 juin 2015 sur l’avenir des systèmes de Sécurité sociale dans l’UE.

 

1 Chanté par Dalida et Alain Delon, Paroles paroles ©S.I.A.E. Direzione.