Difficile équilibre dans l’UE…

Un coup en avant, un coup en arrière…Il n’est pas évident de suivre la direction que prend l’Union européenne tant les clivages et les mouvements centrifuges semblent se succéder de manière de plus en plus accélérée. Tout pourrait se résumer à une question de cap à tenir, mais quand il n’y a ni direction ni pilote identifiés, l’Union continue de patauger…

 

Il en va par exemple de la nouvelle organisation de la Commission européenne depuis début novembre 2014 qui s’est structurée en blocs thématiques élargis pilotés par des vice-présidences aux contours flous. Cette nouvelle donne a complexifié  la visibilité des actions de l’exécutif européen et nuit à leur cohérence.  Après déjà plus de 7 mois en fonction, les acteurs européens semblent déboussolés : Qui est le bon interlocuteur ? Qui est autorisé à s’exprimer ? La Commission européenne a-t-elle l’ambition ou même la volonté de proposer des législations innovantes ?

 

La récente initiative du vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, visant à renforcer la transparence du processus d’initiative législative et notamment de rendre compte au public des actes d’exécution des projets de règlements et de directives va dans le bon sens, même si cette initiative reste bien technocratique pour le citoyen européen…

 

Cette variation dans les positionnements se retrouve chez certains Etats membres qui cherchent à minorer leur intégration à l’UE, telle une variable d’ajustement dans leurs programmes électoraux. La question est de savoir quel degré d’intégration (ou de  désintégration) certains Etats membres de l’UE sont prêts à accepter ?

 

C’est tout l’enjeu du futur référendum britannique pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’UE qui sera organisé en 2017, voire même dès fin 2016. Précision importante : le projet de loi britannique autorisant le recours à un référendum sur l’UE publié le 28 mai prévoit qu’il ne sera pas ouvert aux quelques 1,5 million de ressortissants de l’UE établis dans le Royaume-Uni ni aux ressortissants britanniques ne résidant pas en Grande-Bretagne … En résumé, ce sont ceux qui bénéficient avant tout des vertus du droit à la mobilité dans l’UE qui ne pourront pas s’exprimer au référendum…On marche sur des œufs…

 

D’ailleurs, le contenu du projet de référendum n’est pas encore très clair et tout dépendra des négociations : s’agit-il d’une modification des traités ou d’une liberté donnée au Royaume-Uni de ne pas appliquer certains règlements ou directives de l’UE comme la directive de 2004/38/CE sur le droit de résidence des citoyens européens.

La Pologne pourrait emboiter le pas du Royaume-Uni, non pas le gouvernement actuel pro-européen, mais le nouveau Président récemment élu par surprise, Andrzej Duda, conservateur eurosceptique, qui pourra utiliser à loisir son droit de veto sur tout futur traité international ou européen.

 

A l’inverse, l’Allemagne, la France et l’Italie souhaitent renforcer l’intégration de l’Union européenne.

Le Ministre français de l’Economie, Emmanuel Macron, a appelé récemment à créer une assurance chômage commune aux 19 Etats membres de l’Union économique et monétaire ainsi qu’un budget  propre à la zone euro et une capacité de levée de la dette

 

Dans ce contexte, la définition un cap commun aux 28 Etats membres est plus que jamais nécessaire…