Des fleurs aux actes !

Comme chaque année, la Saint Valentin a fait vibrer le cœur de nombreux couples européens. Comme chaque année aux romantiques à fleurs s’opposent les sceptiques anticonsuméristes. Cette fête soulève également d’autres questions : la question de savoir si les rôles définis spécifiquement pour les femmes (qui sont supposées toutes aimer des bonbons en forme de cœur et les fleurs) et les hommes (qui devraient assumer la charge financière du ménage et payer l’addition au restaurant) sont des constructions sociétales aujourd’hui obsolètes et qui tendent réellement à disparaître.

Malheureusement, force est de constater que bien que généralement critiquées, ces constructions sociétales sont toujours bien présentes dans nos imaginaires. Cette situation montre qu’il y a urgence à résoudre deux éléments distincts et a priori contradictoires : une nécessité de réaliser l’égalité des genres et une prise en compte du sexe dans les politiques publiques.

Oui, l’égalité des genres est primordiale pour nos sociétés ainsi que, pour ceux qui seraient plus sensibles à cet argument, pour nos économies. Mais hommes et femmes sont physiologiquement différents et le sexe d’un individu doit pouvoir être pris en compte dans la définition de certaines politiques. Ainsi en matière de lutte contre la pauvreté, une attention particulière devrait être prêtée aux femmes plus généralement à risque de pauvreté et ce encore davantage lorsqu’elles ont une charge de famille mais également dans le domaine de la santé mentale ou des essais cliniques et de la recherche biomédicale avec des caractéristiques physiologiques et psychologiques particulières.

La commission FEMM du Parlement européen (PE) a particulièrement bien cerné cette ambigüité avec une série de rapports d’initiative dédiée à plusieurs facettes de l’égalité entre hommes et femmes. Ainsi le rapport général sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne en 2014-2015 est précisé par les positions sur la « nécessité d’une stratégie de l’Union européenne pour éradiquer et prévenir l’écart entre les pensions des hommes et des femmes », les conditions de travail et l’emploi précaire ou encore sur la promotion de l’égalité des genres en matière de santé mentale et de recherche clinique.

Pour reprendre les mots de João Pimenta Lopes, rédacteur de l’avis pour la commission FEMM sur les conditions de travail et l’emploi précaire, le mot « sexe » fait référence aux différences biologiques entre hommes et femmes alors que le mot « genre » renvoie à des identités, des rôles et des attributs construits socialement ainsi qu’à la signification que la société donne à ces différences biologiques.

Ce que mettent en avant ces documents ce sont les inégalités et les violences que subissent encore les femmes. Les différences biologiques existent et doivent être prises en compte mais nombre de différences sont encore des constructions sociales qui déterminent arbitrairement les rôles des hommes et femmes dès leur plus jeune âge. La campagne #ToysandDiversity menée en 2015 par l’organisation européenne COFACE-Families Europe a parfaitement illustré cette segmentation filles et garçons et des jouets qu’ils doivent respectivement aimer.

Ces carcans sont évidemment néfastes pour les femmes, premières victimes mais les stéréotypes de genre autour de la masculinité ont également des conséquences psychologiques sur les hommes.

 

Les inégalités ne profitent pas à la société. Ces analyses sont largement partagées, du moins en Europe ; ces différentes prises de position du PE, représentant des citoyens de l’UE, en témoignent.

Alors la réelle question est celle de savoir quand les (hommes et femmes) politiques auront la volonté de prendre le problème à bras le corps et à la racine ?

Moins de fleurs et de beaux discours, plus d’égalité effective !

 

Pour consulter le REIF Info n°272: