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Scandales et réaction européenne, au bord du précipice.

Le 5 avril 2017, l’ensemble des députés européens ont adopté à une large majorité les deux projets de règlements européens relatifs aux dispositifs médicaux et aux dispositifs médicaux de diagnostic in-vitro.

Cette adoption marque la concrétisation de 5 ans de négociations acharnées. C’est aussi le résultat de rapports de force, entre d’un côté, les tenants d’une protection maximale des patients et des participants aux évaluations cliniques et de la transparence ; de l’autre, les tenants d’une Europe de l’innovation et du marché.

A l’issue du vote, de nombreux députés européens, de droite comme de gauche et notamment les rapporteurs, se sont félicités d’avoir négocié et permis la révision d’une législation désormais plus protectrice. Faut-il le rappeler, ces deux nouveaux règlements ont été proposés suite àun scandale sanitaire mondial, celui des implants mammaires PIP. Un scandale qui a touché plus de 400 000 femmes dans le monde et qui a suscité tellement d’émoi et de mécontentement de la part de l’opinion publique que nos institutions européennes ont dû réagir très vite.

Finalement, à bien des égards, cette révision législative est encore une fois un merveilleux exemple de la pratique de l’Union européenne : être acculée par une crise ou un scandale avant d’intervenir. Se rapprochant toujours un peu plus près du précipice, elle évite la chute à coups de communiqués de presse, de propositions de révisions législatives précipitées et de négociations. Avec comme clou du spectacle une proposition législative remplie de compromis qui colmate les plus grosses des fissures mais ne renforce pas les fondations, laissant la porte ouverte à de  futurs scandales ou crises institutionnelles.

Scandale du plombier polonais, scandales du Mediator  ou des implants PIP, ou même Brexit,  ces événements ont tous un point commun. Ils ont d’abord été révélés au grand jour, sont romancés et suscitent l’émotion, l’empathie, l’effroi et le mécontentement de l’opinion publique. Ils cristallisent les débats et l’actualité européenne. Puis, l’Union européenne tente de les solutionner ou de réduire leur portée dans de nouvelles législations ou postures politiques.

Ces révisions ou postures politiques représentent une sortie de crise ou la solution à de nombreux scandales qui alimentent la défiance des européens face aux institutions européennes.

Il est grand temps pour l’Union européenne de préférer le « il vaut mieux prévenir que guérir » au « il vaut mieux tard que jamais ».

Face à une machine bureaucratique qui attend toujours d’être trop près du vide pour se rattraper, n’oublions pas les assurés sociaux européens qui ne souhaitent qu’une chose : se sentir réellement protégés et considérés par leurs institutions nationales et européennes.

Pour consulter le REIF Info n°276: