En Marche vers une Europe sociale ?

Ainsi s’est achevée, le 7 mai dernier, la campagne présidentielle française. Une campagne suivie par le monde entier. Une campagne pleine de rebondissements sur fond de scandales, de division sociale et de critiques virulentes face à l’Union européenne.

 

L’élection du huitième président de la Vème République s’est clôturée dans un soupir de soulagement européen. Ouf ! La candidate du Front National n’accèdera pas à la Présidence de la République. Ouf ! La France va être gouvernée pendant cinq années par un Président europhile qui a toujours soutenu le projet européen tout en concédant le besoin de le reformer. De nombreuses personnalités européennes ont salué un président de la réconciliation avec l’Europe.

 

Très régulièrement, lors de ses discours de campagne, Emmanuel Macron faisait référence à un projet de paix lorsqu’il parlait de l’Union européenne. En effet, la construction européenne a permis à notre vieux continent de vivre en paix depuis 60 ans.

 

Effectivement, les Etats membres ne sont plus en guerre. Néanmoins, force est de constater qu’à l’instar de la France, la défiance des concitoyens envers non seulement leurs élus politiques mais aussi l’Union européenne n’a cessé de s’aggraver. Comme la plupart de ses homologues européens d’extrême droite,  Marine Le Pen avait capitalisé sur un certain nombre de problèmes sociaux : croissance en berne, fort taux de chômage, attaques et menace terroristes et la forte hausse migratoire vers les pays d’Europe. Au sortir des urnes, la flamme de son projet politique s’essouffle pour un temps. Son parti, comme d’autres, connaît un passage à vide. Nous pourrions avoir le sentiment que nous sommes passés à côté de la catastrophe, les Français ont réagi, l’Europe est sauvée. Et pourtant, faut-il le rappeler, le FN a recueilli plus de 10 millions de voix. Un nombre considérable si on le rapporte au 67 millions d’habitants en France. Le fruit d’une paix sociale déclinante qui a permis de faire germer les idées du Front national dans un grand nombre de ménages français.

 

Galvanisée, la Commission européenne se réjouissait de l’élection d’Emmanuelle Macron qui signifiait, selon elle, la défense de l’euro, la flexibilité du marché du travail  et la promotion de la mondialisation des échanges. N’est-ce pas dangereux de s’en tenir à cela ? Les résultats du premier tour des élections ne sont-ils pas un appel du pied à une Europe sociale ?

Ne faut-il pas prendre cette élection, comme celle des Pays-Bas ou encore le Brexit comme une alerte? Une alerte d’urgence à l’Europe sociale si nous ne voulons pas revivre de nouveau cette menace du populisme, un populisme qui joue du désespoir économique et social et accentue les divisions entre les citoyens.

 

Le nouveau Président des Français semble montrer un vif intérêt pour le Socle européen des droits sociaux.

 

Au lendemain de l’institution du huitième Président de la République française, certains ont l’espoir d’un retour à la paix sociale et de la confiance envers l’Union européenne. Emmanuel Macron saura-t-il permettre l’émergence d’une Europe sociale ? La paix sociale européenne est-elle de nouveau En Marche ? Ces cinq années nous le diront…

Pour consulter le REIF Info n°278: