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Quelles nouveautés pour le nouveau trio de Présidences ?

Avec la fin de ce mois de juin s’achève la Présidence maltaise, dernière du trio de Présidences de l’UE (correspondant aux trois dernières Présidences de l’UE). Cette fin de période a été plus que chaotique, avec le Brexit, l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis et l’agonie du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), le tout sur un fond d’euroscepticisme grandissant, assorti d’un repli sécuritaire et nationaliste. Le projet européen, ébranlé et de plus en plus remis en question, est à la recherche d’un nouveau souffle politique…

Les européens convaincus pourraient avoir beaucoup à attendre de l’Estonie, en tant que première du prochain trio de Présidences, supposée insuffler une dynamique nouvelle.

 

L’Estonie se veut moderne. Elle l’est, à n’en pas douter, dans le domaine numérique. Elle a choisi de tout miser sur un gouvernement numérique hyper connecté, doté des dernières avancées dans le domaine, en partant de rien. Parce qu’elle a choisi de partir de zéro, elle a réussi sa révolution numérique et souhaite en marquer son programme pour l’UE dans le cadre de sa présidence à venir. On sent en effet dans son programme une volonté de faire du numérique l’instrument permettant de répondre aux différents défis contemporains : transformation du monde du travail avec notamment l’ubérisation de la société, menace terroriste et sécuritaire, impératif d’efficience dans le domaine public…

 

Si ce fil rouge du programme de la Présidence estonienne, aux couleurs de la révolution numérique, se veut en avance sur son temps, on trouve pourtant peu de nouveaux sujets par rapport au trio précédent, même dans le domaine numérique… Les différentes initiatives dans le domaine font en effet déjà partie de la stratégie numérique de l’UE lancée en 2010. En outre, Quid du projet EESSI, projet bien concret qui aurait besoin d’être relancé ? C’est pourtant au travers de ce type d’initiatives que le potentiel du numérique pourrait être maximisé dans sa dimension européenne, pour répondre à la fois à l’impératif d’efficience et d’amélioration du service au citoyen…

 

Dans le domaine social, on fait le même constat. La volonté de promouvoir les initiatives en faveur de la jeunesse, par exemple, est certes à saluer mais n’est pas nouvelle. Concernant la modernisation des règlements de coordination des systèmes de sécurité sociale et la révision des règles de détachement des travailleurs, il s’agira de travailler avec les propositions déjà sur la table, mais on pourrait s’attendre à des amendements impulsés par l’Estonie afin d’introduire davantage de « solutions numériques ».

 

On note enfin que malgré son succès numérique, l’Estonie reste par exemple le pays avec le plus d’écart de rémunération hommes-femmes1

 

1 http://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/gdp-and-beyond/quality-of-life/gender-pay-gap

Pour consulter le REIF Info numéro 281: