Garder son calme et rester unis !

La préparation de la sortie du Royaume-Uni de l’UE pourrait commencer à agacer les partenaires européens et en premier lieu, le négociateur en chef Michel Barnier.

 

Les négociateurs britanniques ne semblent en effet pas préparés, malgré l’envoi de dernière minute de positions officielles. Ils entretiennent la confusion entre la phase 1 dédiée à la négociation de la sortie et la phase 2 sur le contenu du futur partenariat. Enfin, ils persistent à ne pas vouloir reconnaître à l’avenir l’autorité de la Cour de Justice de l’UE, qui permet pourtant de protéger les droits des citoyens européens sur le territoire britannique.

 

Si Michel Barnier garde pour l’instant son calme, il déplore néanmoins qu’« aucun progrès décisif » n’a résulté du troisième tour de négociations cette semaine à Bruxelles.

Toute cette agitation irrite mais a au-moins une vertu : l’UE tient, en tout cas pour l’instant, comme un seul bloc face au Royaume-Uni.

 

Cette unité européenne, témoin d’une volonté de préserver les valeurs et l’acquis européens, est soutenue par un regain d’optimisme envers l’UE constaté par de récentes enquêtes Eurobaromètre publiées par la Commission européenne début août. Une majorité d’Européens se dit en effet optimiste quant à l’avenir de l’Union européenne et la confiance en l’UE atteint son niveau le plus élevé depuis 2010.

 

De même, l’appel insistant par le Président de la République française à plus de convergence sociale, économique et monétaire à l’occasion de sa visite en Europe centrale et orientale trouve un certain écho.

 

La Slovaquie, Etat de la zone euro, jadis pilier fort du groupe de Visegrad, semble opérer un revirement en se montrant plus europhile et souhaitant que son pays soit associé dès maintenant à la relance franco-allemande de l’Union économique et monétaire.

Il ne faudrait pas toutefois que ces bonnes et belles intentions viennent se fracasser dans la surenchère des positions réciproques dans les discussions sensibles autour de la modification de la directive relative au détachement des travailleurs.

 

Le futur discours sur l’état de l’Union 2017 que prononcera à la mi-septembre le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sera à juste titre particulièrement attendu et devrait donner le La, deux ans après l’annonce de la création d’un socle européen des droits sociaux, vers une phase plus opérationnelle qui parle aux citoyens européens …

Pour consulter le REIF Info numéro 283: