Pas de choix à la carte

Les directives de négociation pour les modalités transitoires après le Brexit prévues officiellement jusqu’au 31 décembre 2020 sont claires. Le Royaume-Uni continuera à participer à l’union douanière et au marché unique et l’acquis de l’Union continuera de s’appliquer dans son intégralité au et dans le Royaume Uni.

En parallèle, le site Buzzfeed UK, dont les informations ont été relayées par de nombreux médias européens et français, a annoncé et décortiqué un projet de rapport réalisé par des experts ministériels britanniques, qui indiquerait que, quel que soit le scénario de sortie de l’UE (soft ou hard Brexit), la situation du Royaume-Uni serait dans tous les cas moins bonne et que l’économie britannique connaîtrait une croissance plus faible que prévu. Le gouvernement britannique sait-il vraiment ce qu’il veut ?

 

En filigrane du Brexit se préparent les élections européennes de mai 2019 et les acteurs européens commencent déjà à se positionner. L’UE voit en effet, elle, vers l’avenir. La Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen a par exemple proposé de réduire le nombre des députés élus de 751 à 705 et de garder en réserve 46 des 73 sièges du Royaume-Uni libérés après le Brexit. Les 27 autres anciens sièges britanniques seraient répartis entre pays de l’UE actuellement sous-représentés, ce qui devrait permettre à la France de récupérer quelques sièges.

Le président du groupe des Socialistes et Démocrates du parlement européen, l’italien Gianni Pittella, a annoncé vouloir concourir aux élections transalpines de mars et quitter la Présidence. Les grandes manœuvres commencent et l’avenir du second groupe au Parlement européen après les élections de 2019 est à risque, compte tenu des scores nationaux faibles des sociaux-démocrates dans l’UE.

Le Président du Parti Populaire européen, premier parti de l’hémicycle européen, Manfred Weber, a réaffirmé quant à lui le principe des « Spitzenkandidaten » instauré en 2014 et qui a permis de désigner l’actuel Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Selon ce principe, le Conseil européen devrait respecter les résultats issus des élections et nommer un candidat à la présidence de la Commission européenne dont la formation européenne est sortie première de l’urne.

Ce message pourrait être interprété comme adressé indirectement au Président de la République française, Emmanuel Macron, qui a annoncé vouloir lancer des conventions démocratiques dans l’UE sur le modèle de la présidentielle française et se positionner en dehors des partis politiques traditionnels, à l’instar du PPE…

Pour consulter le REIF Info numéro 292: