Haru-ichiban sur l’Europe (1)

Après le vortex sibérien qui a glacé l’Europe pendant plus d’une semaine et le souffle retenu lors de l’attente des résultats aux législatives italiennes faisant craindre une longue période d’instabilité et la possibilité d’une coalition 100% eurosceptique (Mouvement 5 Etoiles et Ligue), un autre vent, plus européen et plus social, semble souffler sur Bruxelles, en témoignent les dernières propositions de la Commission européenne dans sa dernière ligne droite avant la prochaine mandature prévue en 2019.

 

Il faut en effet reconnaitre à Jean-Claude Juncker le mérite d’avoir tenu sa promesse, tout au-moins sur le projet de créer une vraie autorité européenne du travail. Selon la proposition de règlement, il s’agira, sous réserve des discussions au Parlement européen et au Conseil, d’une nouvelle agence décentralisée de l’UE, à vocation permanente. Tous les 5 ans, elle sera évaluée pour étudier la possibilité d’élargir son champ de compétences, qui touche d’emblée à la coordination des systèmes de sécurité sociale, en donnant la possibilité à la future autorité d’agir en médiateur dans les cas de conflits sur la législation applicable entre plusieurs États membres…

 

En outre, si le projet de créer un numéro de sécurité sociale européen est encore dans les cartons, l’étude d’impact ayant été retardée, encore faut-il s’assurer d’dune utilité bien établie et d‘une valeur ajoutée à la fois pour les personnes mobiles et pour les institutions nationales de sécurité sociale, même si l’objectif des institutions européennes de trouver des marqueurs européens suffisamment « parlants », après l’euro ou encore Schengen, apparaît légitime en tant que tel.

 

Cette remarque est d’autant plus importante que la Commission européenne présente ses récentes initiatives dans le domaine social comme des réponses concrètes aux problèmes actuels de la mobilité intra-européenne.

 

En parallèle, en France, les consultations citoyennes sur l’Europe ont été officiellement lancées le 14 mars 2018, dupliquant ainsi le dispositif de mobilisation développé par le mouvement « En Marche » lors des présidentielles françaises. De manière surprenante et c’est un élément positif, la quasi-totalité des États membres ont accepté le principe d’organiser des conventions sur l’Europe dans leur État, alors que l’idée même d’organiser des débats sur l’Europe semblait encore impossible il y a peu dans certains États membres. De là à impulser un projet commun partagé au niveau européen d’ici décembre 2018, date de remise des recommandations issues des conventions dans toute l’Europe,

il y a beaucoup d’étapes à franchir et il ne faudrait pas que ce souffle européen ne retombe en soufflé ou ne se retourne contre la dynamique pro-européenne impulsée en créant trop d’attentes sans concrétisations directes pour les citoyens européens…

 

(1) http://www.aventure-japon.fr/index.php/246-japon-insolite/4-saisons-japon/printemps/133-premier-vent-printemps

 

Pour consulter le REIF Info numéro 295: