Comme un avant-goût de période électorale…

Les consultations citoyennes sur l’Europe officiellement lancées en France à Epinal (mairie historique du noniste Philippe Séguin) le 17 avril 2018, donnent le la de la campagne des européennes de mai 2019 prochain. Insuffler un projet européen, recueillir l’opinion sans ostraciser : la méthode de communication gouvernementale est rodée. Désormais, contrairement au non français au référendum pour une Constitution européenne de 2005, les citoyens doivent être écoutés ». Derrière les bons mots, importants certes pour mobiliser, il y a beaucoup d’étapes à franchir.

La campagne est bel et bien lancée. Dans ce contexte, chacun des chefs d’État est invité à exposer sa vision sur l’avenir de l’Europe devant les eurodéputés réunis à Strasbourg. On semble l’avoir oublié mais l’objectif, après le Brexit le 31 mars 2019, est que chacun des Etats membres devra prendre position sur les cinq scénarios possibles d’avenir pour l’Union, tels que proposés dans le livre blanc de la Commission de mars 2017. « S’inscrire dans la continuité », « rien d’autre que le marché unique », « ceux qui veulent plus font plus », « faire moins, mais de manière plus efficace », « faire beaucoup plus ensemble » : le champ des possibles envisagées par la Commission est vaste et laisse une marge de manœuvre à chaque dirigeant pour défendre sa vision de l’avenir européen.

La France semble avoir déjà pris clairement position : la souveraineté européenne (climatique, numérique…) aux côtés de la souveraineté nationale. « La démocratie qui régule plutôt que la démocratie illibérale ». L’intervention de trois heures du Président de la République française, Emmanuel Macron, dans l’hémicycle européen, le 17 avril, qui a reçu certes un écho globalement positif risque toutefois de buter face à un sens des priorités et à un certain pragmatisme allemand qui diverge de l’incantation française.

S’il est bon d’entendre la nécessité d’une lutte forte contre le dumping social et fiscal, joindre la parole aux actes gagnerait à plus de crédibilité lorsque certains Etats éprouvent de la frilosité à défendre la proposition de directive européenne destinée à aider les parents et les aidants à concilier leurs vies professionnelle et personnelle.

Quoi qu’il en soit, la campagne électorale européenne à venir, réservera son lot de surprises avec, en filigrane, une recomposition profonde de l’hémicycle européen…

Pour consulter le REIF Info numéro 298: