S’il est trop tôt pour tirer les enseignements des élections européennes, on peut tout d’abord se féliciter du taux de participation très inattendu qui a démenti les sondages dans quasiment tous les Etats membres.

En France après vingt-cinq ans de baisse, la participation de l’électorat aux élections européennes a progressé de presque huit points lors de ce scrutin, pour atteindre un peu plus de 50%. Il semblerait que la saga sans fin du Brexit ait entre autres encouragé les électeurs à se mobiliser. Les thèmes du Frexit, Dexit ou encore Nexit n’ont été scandés que par des formations ultra minoritaires qui ne seront d’ailleurs que très peu représentées au Parlement européen.

Du côté des nouveaux équilibres politiques, malgré une baisse importante, les Socialistes et Démocrates (S&D) et le Parti Populaire européen (PPE), la France mise à part, ne se sont pas effondrés. Il faudra désormais compter beaucoup plus sur l’influence du groupe des Verts et des centristes libéraux pro-européens. La grande coalition S&D et PPE ne pourra plus tenir seule.

Cependant, ces résultats ne doivent pas entamer la vigilance des pro-européens. La capacité de nuisance et de remise en cause du projet européen par les formations eurosceptiques à l’intérieur du futur Parlement européen, si elle ne constitue pas la majorité, pourrait freiner l’élan européen. En tout état de cause, la simple présence de ces formations au Parlement européen témoigne d’un besoin de renouveau de la part de certains Européens et appelle une réaction à la hauteur de l’enjeu.

La tâche du nouveau Président ou de la Présidente de la Commission européenne sera conséquente.

Après la Commission de la dernière chance de Jean-Claude-Juncker, celle-ci semble bénéficier d’un répit inespéré.

La capacité à renouveler le projet social européen en sécurisant les ressources des systèmes de protection sociale, en permettant une plus grande convergence des droits sociaux et un renforcement de la lutte contre le dumping social pourraient être des facteurs-clés de succès.

Il faudra pour cela donner une vraie substance aux promesses de campagne comme la création d’un salaire minimal dans tous les Etats de l’UE, l’instauration d’un bouclier social, la réduction des inégalités hommes-femmes ou encore la lutte contre les discriminations au travail…

À défaut de réussite de l’Europe sociale, le repli sur soi et la remise en cause du modèle de société pourrait définitivement mener à la fin de la construction européenne.

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