Clap de fin

L’hiver approche et avec lui arrivent plusieurs fins. Celle du deuxième confinement promet de donner mal à la tête aux dirigeants européens : comment faire pour permettre aux familles de se retrouver pour les fêtes sans faire repartir les courbes de contamination vers le haut ? 

Du côté du Brexit, la période de transition expire le 31 décembre et il n’y a toujours pas d’accord en vue, plus de quatre ans après le référendum du gouvernement Cameron. Le Parlement européen pourrait se réunir en séance plénière exceptionnelle le 28 décembre pour ratifier in extremis un partenariat entre l’UE et le Royaume-Uni. Un tel scénario – le meilleur que l’on puisse espérer à présent – éviterait la catastrophe « par la peau de nos dents » comme on dit outre-Manche, mais il est difficile de se réjouir d’une telle tragicomédie. 

En interne, des tensions entre Etats membres menacent le plan de relance de l’UE : la fronde Varsovie-Budapest bloque depuis deux semaines tout accord en raison des conditionnalités liées à l’état de droit apposées aux déboursements. Après avoir cherché la conciliation, la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a durci le ton et  HYPERLINK « https://www.ouest-france.fr/europe/ue/plan-de-relance-europeen-ursula-von-der-leyen-denonce-les-mensonges-de-la-hongrie-et-la-pologne-7062188 » incite désormais les gouvernements polonais et hongrois à s’en remettre à la Cour de Justice de l’UE pour mettre fin à cette impasse.

S’il ne faut pas voir dans ces tendances à la désunion la fin du projet européen, on peut néanmoins poser une question simple : comment repartir de l’avant ? 

La réponse tient plus des Etats membres que d’un exécutif européen sans grande marge de manœuvre au-delà de ses compétences limitées – ce qui ne l’empêche pas d’annoncer des projets d’avenir au semblant ambitieux. Parmi ceux-ci, le projet de « marché unique des données » parrainé par Thierry Breton et érigé en étendard d’une UE maître de ses données et leader du numérique illustre bien le contraste entre solutions techniques et réalités politiques. 

On ajoutera que même avant la pandémie, on savait que le marché unique rend les conditions de la libre circulation des services et des capitaux plus aisées qu’aux personnes. Les données viendront-elles se hisser en haut de cette hiérarchie ? Pas de réponse avant quelques années, mais ce ne sera pas faute d’avoir essayé. 

La fin de l’année s’annonce donc moins joyeuse que d’habitude. C’est avec un peu de tristesse qu’on se dit que plutôt que de miser sur la main invisible du marché unique, on ferait mieux d’espérer un coup de pouce de la mano de Dios.

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