Avril a été tout particulièrement marqué par la finalisation, jusqu’à la dernière minute, des plans nationaux de relance et de résilience des capitales européennes afin de respecter l’échéance prévue par la Commission européenne à la fin du mois.

Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros est historique en prévoyant pour la première fois un mécanisme d’endettement commun. Toutefois, son montant apparaît bien dérisoire, si on le compare au plan américain de relance de 1900 milliards d’euros promulgué par le président des États-Unis, Joe Biden, le 11 mars dernier.

L’UE et les États-Unis n’ont évidemment rien de comparable notamment en termes de dépenses de protection sociale par citoyen et rapportées au PIB. Toutefois, alors que le plan de relance américain prévoit l’augmentation massive de prestations sociales, il y a fort à parier que les plans de relance et de résilience des États membres soient conditionnés à la réduction de certaines dépenses publiques ou à la mise en œuvre de certaines réformes sociales, possiblement dans le champ de la sécurité sociale.

Dans ce contexte, le Sommet social de Porto qui aura lieu les 7 et 8 mai, annoncé par le Portugal comme le moment clé de sa présidence, devrait venir confirmer ou non l’appétence des États membres à renforcer la dimension sociale de l’UE.  À lire certaines contributions d’États membres en amont du Sommet, tels les États frugaux, l’on pourrait rapidement être désenchanté tant les clivages en matière d’Europe sociale sont extrêmement forts et de plus en plus prégnants.

Gageons que la signature de la déclaration sur le plan d‘action du Socle européen des droits sociaux par les institutions européennes, au-delà de son aspect convenu attendu, puisse donner un coup d’accélérateur ou à tout le moins donne l’occasion à la France (avec l’Allemagne ?) de se poser en leader de l’Europe sociale, notamment dans le contexte de sa présidence début 2022 !

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