Etablissements et services d’accueil du jeune enfant : prochaine grande priorité européenne ?

Alors que l’intronisation de la prochaine Commission européenne est suspendue à de nouvelles auditions de candidats-commissaires, il semble que certains sujets s’imposeront à son futur programme de travail.

La lutte contre les discriminations en est un : comme le signale le dernier Eurobaromètre sur le sujet, les mentalités évoluent dans l’ensemble des pays de l’UE. Cette évolution sera essentielle pour fonder l’adoption de mesures ambitieuses destinées à garantir l’égalité entre tous les citoyens européens, parmi lesquelles les nouvelles stratégies européennes en matière de handicap ou d’égalité entre les genres ou encore la directive « anti-discrimination » bloquée au Conseil depuis 2008 !

Les discriminations en termes de droits sont un premier enjeu. Le second est celui des discriminations de fait. Les inégalités entre les genres est un exemple de cette problématique : alors que l’égalité entre hommes et femmes est largement reconnue dans l’UE, les faits persistent à monter une autre réalité. L’index 2019 sur l’égalité des genres est très illustratif en la matière : les écarts demeurent dans tous les domaines. Tirons toutefois un élément positif des statistiques : les écarts entre hommes et femmes se réduisent et une réelle convergence sociale se dessine dans l’UE en la matière. A ces données quantitatives, on peut regretter une analyse qualitative : quelles mesures ont permis ces avancées ?

Un élément concordant semble expliquer la réduction de ces inégalités : une meilleure participation des femmes au marché de l’emploi grâce aux établissements et services d’accueil du jeune enfant (EAJE) et aux soins pour les personnes dépendantes (nous ne ferons pas l’outrage de rappeler que les femmes sont encore les premières « aidantes » informelles et les conséquences de ce constat). Au-delà des considérations purement morales liées à une société égalitaire, le potentiel retour sur investissement des EAJE est très important. Comme le mentionne le dernier rapport du Comité pour la protection sociale, ils participent, à l’instar d’autres services publics, à lutter contre le phénomène des travailleurs pauvres et plus spécifiquement à réduire la pauvreté des enfants et la transmission intergénérationnelle de la pauvreté, à soutenir la participation des femmes au marché de l’emploi et, en accédant à des emplois de qualité à réduire leur risque de pauvreté et d’exclusion sociale.

Dans cette perspective, c’est très favorablement que nous devons considérer les dernières recommandations par pays de la Commission européenne qui appellent certains Etats à développer de tels services en respectant leurs engagements pris lors de l’adoption en mai dernier d’une Recommandation du Conseil relative à des systèmes de qualité pour l’éducation et l’accueil de la petite enfance.

Ne manque plus qu’une Commission pour lancer les travaux !

Télécharger le REIF Info numéro 329.