Sur fond de coupe du monde de football, l’actualité politique de la dernière quinzaine a été riche. Alors que de grandes nations ont, à la surprise générale, été exclues de la compétition, certaines d’entre elles ne sont pas en reste concernant les gros dossiers à l’ordre du jour du Conseil de l’Emploi, des politiques sociales, de la santé et des consommateurs (EPSCO), réuni les 21 et 22 juin ainsi que du Conseil européen des 28 et 29 juin 2018.

Malgré les récents déboires politiques en Allemagne et les tensions de plus en plus fortes liées à la crise migratoire que connaît l’Europe, le couple franco-allemand semble vouloir continuer à orienter les grandes politiques européennes. S’agit-il du leadership dont l’Union a besoin ou d’une simple défense d’intérêts communs, au détriment de plus petits Etats ?

La France et l’Allemagne se montrent particulièrement pro-européennes, en proposant une réponse commune à la crise migratoire, un budget européen et une gouvernance propre pour la zone euro, un fonds européen de stabilisation de l’assurance chômage ou encore la réduction du nombre de commissaires européens, actuellement d’un par Etat membre. Sur ces points, ils opposent la vision politique d’une Europe unie à un euroscepticisme grandissant. Convaincre dans ce contexte est un défi aussi important que la finalité poursuivie…

En revanche, leur esprit européen peut sembler moins affirmé lorsqu’il s’agit de dossiers plus techniques, moins médiatisés. En matière d’évaluation des technologies de santé, par exemple, la France et l’Allemagne s’opposent de concert à l’harmonisation proposée par la Commission européenne. Les deux pays travaillent ensemble à la rédaction d’un compromis plus respectueux, selon eux, du principe de subsidiarité. Mais cette initiative devrait permettre aux 28 de dégager un compromis, sur un dossier complexe suscitant une multitude de positionnements subtilement différents les uns des autres, que ce soit au Conseil ou au Parlement européen.

Si les intentions du couple franco-allemand peuvent donc sembler difficiles à cerner, leur coopération apparait néanmoins essentielle dans une Europe à 28 où la prise de décision est un exercice délicat.

Représentant à eux deux une part significative de la population, leur grande expérience en politique européenne peut bénéficier au projet européen, à condition de rester transparents…

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