Si la montée de l’euroscepticisme menace de toutes parts et l’édifice européen semble vaciller, la prudence est de mise. Le territoire de l’Europe a connu bien pire, c’est d’ailleurs pour cette raison que l’Union européenne a été créée… L’échéance des élections européennes, fin mai 2019, aiguise les appétits politiques et pourrait conduire à une profonde recomposition politique créant l’opportunité d’une refonte du projet européen notamment en matière sociale et de protection sociale.

 

Cet enjeu est marqué par les tentatives d’alliances politiques. On notera celle menée par le Président de la République française, Emmanuel Macron pour constituer un pôle libéral, centriste et pro-européen avec ses homologues du Bénélux, dont le Premier Ministre néerlandais, Mark Rutte. Même s’il est vrai que  leurs visions respectives de l’approfondissement de la zone euro (création d’un budget dédié de la zone euro) semblent (très) divergentes. Le projet d’une alliance européenne d’extrême gauche appelée de ses vœux par Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, en est un autre exemple.

 

Il ne faudrait toutefois pas résumer la campagne à un combat manichéen entre d’un côté les forces libérales pro-européennes et de l’autre les forces anti-européennes…

 

La réalité est évidemment plus complexe et l’ambiguïté des positionnements politiques s’illustre dans les réactions aux récentes propositions de la Commission européenne dans le champ social. Ainsi, alors que la directive sur le détachement des travailleurs est attaquée par la Hongrie et la Pologne via un recours en annulation (fait assez rare), les discussions sur la proposition d’établir une Autorité européenne du Travail avancent assez rapidement, sans générer, a priori, d’oppositions irréconciliables.

 

La note du cercle de réflexion Notre Europe publiée en octobre sur l’Europe sociale est digne d’enseignements quant à la nécessité d’éviter les déclarations hâtives. Elle rappelle que la mobilité́ des travailleurs pose des problèmes plus graves aux pays d’origine qu’aux pays d’accueil, notamment ce qui concerne l’exode des jeunes

travailleurs ou le vieillissement de la population et leurs risques pour la viabilité́ de leurs systèmes de protection sociale. Gardons ses recommandations à promouvoir une convergence ascendante dans les normes et les performances sociales dans l’UE; à garantir une mobilité́ fluide et équitable des citoyens; et à investir dans le capital humain européen.

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