« Les citoyens ne s’intéressent pas aux propositions…

mais bien aux législations en vigueur qui leur confèrent des droits ».

Voilà comment Jean-Claude Juncker a annoncé le programme de travail de la Commission pour l’année à venir… enfin plus précisément pour les 7 mois d’activité restant avant les élections au Parlement européen.

Il y a peu de nouvelles initiatives (et même plutôt des retraits de certains projets au point mort) et cela conforte son message : toutes les propositions nécessaires à la mise en œuvre des 10 priorités de la Commission ont déjà été publiées.

Il a ainsi pris à partie les eurodéputés et les Etats membres quant à la réussite nécessaire des négociations en cours sur les propositions formulées par sa Commission depuis 2014.

Et le Président de la Commission de poursuivre : « Le meilleur message à adresser aux électeurs qui se rendront aux urnes l’an prochain consiste à démontrer que cette Union leur apporte des résultats concrets et tangibles.»

Est-ce aussi un écho à la montée de l’euroscepticisme grandissant et porté par certains partis politiques : montrer directement à l’électorat la valeur ajoutée concrète de l’UE, sans le filtre des messages politiques/politiciens ?

En matière de Sécurité sociale, on doit l’admettre, les initiatives ont été nombreuses : révision des règlements de coordination des systèmes de sécurité sociale, directive détachement, équilibre vie privée-vie professionnelle, évaluation des technologies de santé, stratégie numérique (EESSI, santé en ligne, portail numérique unique, etc) … Mais, comme l’a signalé Frans Timmermans, premier vice-président, elles « doivent à présent être adoptées et leurs bénéfices mis en œuvre dans la pratique ». 

Nous l’avons déjà signalé, tout cela avant de nombreuses échéances : 7 mois avant des élections européennes qui laissent présager une remise en cause importante des forces politiques actuellement marquées par une majorité à 55% du PPE et S&D, 5 mois avant le retrait (non négocié ?) du Royaume–Uni et un peu plus d’un an avant l’adoption du prochain cadre financier pluriannuel de l’UE qui définira in fine dans quelles priorités l’UE investira.

Beaucoup d’enjeux et un temps restreint. Espérons que les projets ne seront pas conclus à la hâte ou abandonnés à de nouvelles Institutions aux priorités différentes.

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