L’urgence ne justifie pas tout

On peut se sentir démuni dans les situations d’urgence : comment réagir ? Comment être sûr de prendre la bonne décision ?

 Cette réflexion est particulièrement pertinente dans le contexte de l’épidémie de COVID-19.

La UNE médiatique mondiale en continu, la peur d’une expansion de la pandémie peuvent contribuer à abaisser notre niveau de vigilance et à revoir (sérieusement) l’échelle de nos priorités.

 La question est alors : que sommes-nous prêts à abandonner ?

La récente initiative du gouvernement français de recourir à l’article 49.3 de la Constitution française pour faire adopter sans vote à l’Assemblée nationale le projet de loi de réforme des retraites, qu’on le considère positivement ou négativement, pose la question avec acuité. Est-on prêt à abandonner le débat sur un texte, sinon sur le texte majeur social de ce quinquennat, qui peut impacter de nombreuses générations ?

Au niveau de l’UE, les discussions interminables sur le futur cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027, amorcées en mai 2018 et voyant les Etats membres se diviser entre ceux en faveur d’un budget ambitieux et certains plus frugaux qui souhaitent limiter l’enveloppe totale à 1% du PIB font peser le risque d’un accord a minima au dernier moment.

Il est grand temps qu’un compromis émerge avant qu’une décision par défaut ne soit prise qui impacterait les citoyens européens pendant plus de 6 ans…

Autre défi : le Brexit, qui provoque une certaine lassitude voire une irritation à peine contenue. Toutefois, là encore, il est judicieux de ne pas s’en remettre à une décision prise dans l’urgence, quelques heures avant un retrait qui pourrait être brutal du Royaume-Uni. Les futures tractations avec le Royaume-Uni s’annoncent difficiles. Ce n’est pas un sujet d’étonnement en soi.

Le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé qu’il ne souhaitait pas un alignement réglementaire sur la législation de l’UE, c’est à dire en matière d’aides d’Etat, d’environnement, de conditions de travail ou de politique fiscale.

Sur cette base, l’on voit difficilement comment un compromis préservant aussi les intérêts de l’UE serait possible. La question est posée : faut-il d’ores et déjà accepter l’idée qu’un accord, a minima, au bénéfice du Royaume-Uni aura lieu quelques heures avant la date définitive du retrait ou dès maintenant être en position de force  en acceptant l’idée d’un retrait sans accord ?

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