L’actualité de la dernière quinzaine s’est focalisée sur les nominations à la Présidence de la Commission européenne, les noms des futurs dirigeants des institutions et les chefs de groupes au Parlement européen.

Du côté du Conseil européen, le seul élément de certitude de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement du 21 juin tient en l’abandon, en tout cas pour l’instant, de la procédure du Spitzenkandidaten, critiqué par une majorité d’Etats membres et particulièrement par la France. Une majorité d’Etats a estimé que le poste de Président de la Commission ne revenait pas de droit automatiquement à la liste arrivée en tête, c’est-à-dire le Parti Populaire européen (PPE) comme cela est le cas depuis plus de quinze années.

La candidature de l’allemand Manfred Weber (CDU/CSU), président du groupe du Parti Populaire européen arrivé en tête aux élections européennes, a suscité une bronca inédite pointant notamment sur son manque d’expérience professionnelle à des postes ministériels ou institutionnels européens. Sa candidature semble pour l’heure écartée.

Contrairement à la précédente procédure de désignation de l’ex-Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, nommé par le Conseil européen le 27 juin 2014 par 25 Etats, la Grande-Bretagne s’y était fermement opposée, la situation est aujourd’hui très différente. La répartition des postes doit prendre en compte un Parlement européen plus fragmenté où le PPE et les S&D ne peuvent plus légiférer seuls mais doivent compter sur les Verts et/ ou les libéraux de Renew Europe.

Jeu des chaises musicales également au Parlement européen. Après une sortie médiatique fortement relayée, la tête de liste La République en Marche-Renaissance, Nathalie Loiseau, a dû abandonner la Présidence du nouveau groupe, Renew Europe, alors que le poste lui avait été servi sur un plateau d’argent.

Cela a néanmoins permis à Dacian Ciolos, député roumain, francophile et francophone, d’accéder à la Présidence du groupe des libéraux. Du côté des socialistes et démocrates, l’Espagne est récompensée puisque Iratxe García Pérez prend la présidence du groupe.

Seule ombre au tableau : aucun français ou française ne présidera un groupe politique.

En attendant, cette dernière quinzaine n’a malheureusement pas été marquée par la substance et l’audace dans la relance de la construction européenne autour d’un projet fédérateur qui réponde aux préoccupations des citoyens mais restons un brin optimiste et attendons sagement la rentrée des classes  …

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