Solidarité et Etat de droit, les piliers nécessaires à l’avenir de l’UE.

La crise du Covid-19 reste encore la principale actualité en ce mois de mai 2020. Pour l’Union européenne, alors qu’elle intervient presque concomitamment avec la période prévue pour le lancement de la Conférence sur l’avenir de l’UE, la pandémie comporte des enjeux qui dépassent sa gestion économique, sanitaire et sociale; elle pose la question avec une acuité encore plus importante qu’auparavant du projet européen et de l’UE que l’on souhaite construire, sur des bases peut-être remodelées, après le Covid-19.

Dans cette newsletter, nous n’avons eu de cesse de mettre en avant les mesures prises par l’UE en réponse à la pandémie (coordination des efforts de recherche pour les traitements et vaccins, financement complémentaire des systèmes nationaux de chômage temporaire, souplesse dans l’application des règles budgétaires ou sur les aides d’Etat, appels d’offre conjoints pour l’achat d’équipements de protection personnelle, etc.)

Pourtant, l’implication de l’UE semble pour certains trop tardive ou trop peu efficace, alimentant le recul du sentiment européen, même dans des pays pourtant très europhiles comme la Finlande ou l’Italie.

La solidarité a été invoquée de manière récurrente ces dernières semaines. Elle interroge la notion de citoyenneté européenne et le sentiment d’appartenance à une communauté fondée sur des valeurs communes dépassant les spécificités historiques et culturelles propres à chaque Etat. Dans le contexte actuel, l’Etat de droit est une des valeurs fondamentales qui doit être protégée et qui doit guider les initiatives européennes et nationales, qu’il s’agisse par exemples de mesures gouvernementales prises dans le cadre de l’état d’urgence (en France mais aussi, de manière plus inquiétante en Hongrie) comme  pour le développement d’applications mobiles de traçage des contacts dans le respect du droit des personnes à voir leur vie privée et leurs données personnelles protégées.

Gageons que les institutions européennes sauront se reposer sur des piliers forts pour garantir que, 70 ans après la Déclaration Schuman, l’UE continue d’inspirer un sentiment de « vivre ensemble » aux Européens.

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