Les deux dernières semaines semblent préparer la voie à une accélération des initiatives de l’Union européenne dans divers domaines.

Il est loisible de s’interroger sur ces frémissements et de se demander si ce coup apparent d’accélérateur n’est qu’un mirage. A y regarder de plus près, la plupart des initiatives à venir et leur calendrier de mise en œuvre sont inscrites dans un échéancier particulièrement long, susceptibles d’évolutions sensibles dans un proche avenir ou encore d’ambitions revues à la baisse.

Il en va en premier lieu du projet d’une conférence sur l’avenir de l’Europe annoncée en grande pompe par la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, il y a plus d’un an et qui n’a toujours pas démarré, alors que les travaux sont supposés se conclure sous présidence française au premier semestre 2022.

Le grand flou demeure, et ce même si le Conseil, dans une récente position, semble vouloir avancer assez vite en lançant dès que possible des plateformes multilingues et des événements citoyens dans les États membres et au niveau européen. Cette proposition d’ouverture tranche avec les précédents travaux de la convention sur l’avenir de l’Europe de Valéry Giscard d’Estaing en 2002 et 2003, sous format et cénacle restreints. Rendez-vous est pris le 9 mai 2021, date de lancement de la conférence, à moins que l’échéance ne soit encore reportée…

Autre exemple : le vote la semaine dernière par le Parlement européen du programme phare du plan de relance de 750 milliards d’euros en faveur de la facilité pour la reprise et la résilience s’inscrit dans un temps particulièrement long, la Commission européenne s’engageant à verser seulement à partir de fin 2023 la totalité des subventions allouées aux Etats membres de l’UE et l’emprunt européen commençant à être remboursé par les Etats membres en 2028. D’ici là, de l’eau aura coulé sous les ponts.

Dernier exemple : le futur plan d’action sur le Socle européen des droits sociaux, qui doit être dévoilé le 3 mars prochain, constituera-t-il un agenda stratégique avec des propositions de textes législatifs à brève échéance ou se résumera-t-il à un catalogue de bonnes intentions sans calendrier et actions concrètes ?

« Le soleil et le gouvernail », devise et logo de la présidence portugaise actuelle du Conseil de l’UE, seront d’un grand secours pour nous éclairer et nous guider en 2021 !

Lire le REIF-Info 356