Quo vadis Europa?

Répondant à la demande du Conseil européen de février, le vice-président de la Commission Maroš Šefčovič annonçait le 24 mars devant le Parlement européen la publication, en juin 2021, d’une communication sur les enseignements de la pandémie de Covid-19.

Dans les faits, l’exercice a déjà commencé. Nulle initiative sanitaire ou sociale qui ne soit présentée – et c’est bien normal – sans une référence à l’impact qu’a eu la crise dans le secteur concerné et un ajustement en conséquence des politiques proposées. La Stratégie UE sur les droits de l’enfant présentée le 24 mars mentionne ainsi l’exacerbation des difficultés liée à la pandémie (violences domestiques, cyberharcèlement, difficultés d’accès aux soins ou à la justice…) et propose la mobilisation de l’instrument d’appui technique du plan de relance NextGenerationEU pour promouvoir les droits de l’enfant dans les Etats membres.

La Commission a par ailleurs déjà commencé l’évaluation de SURE, l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage, en s’attribuant un satisfecit à l’occasion de la publication du premier rapport préliminaire : 25 à 30 millions d’emplois soutenus dans 18 pays, 1,5 à 2,5 millions d’entreprises bénéficiaires des aides européennes, 5,8 milliards d’euros d’intérêts de la dette économisés par les États membres empruntant auprès de l’UE.

L’impact sans précédent de la pandémie n’est peut-être pas non plus étranger au déblocage du dossier de l’évaluation des technologies de la santé, englué depuis 3 ans aux Conseil, la nécessité de coopérer en la matière étant plus que jamais d’actualité. La feuille de route sur la refonte de la législation pharmaceutique présentée cette semaine indique quant à elle que des enseignements ont d’ores et déjà été tirés, et des ajustements opérés dans les priorités : robustesse des chaînes d’approvisionnement, lutte contre les pénuries, lien avec la nouvelle Autorité de réaction aux urgences sanitaires…

Pour scolaire qu’il y paraisse, l’exercice est évidemment éminemment politique. Ses conclusions contribueront plus sûrement à valider l’action de l’UE durant la période qu’à la remettre en cause. Il sera néanmoins intéressant de se pencher sur ses implications institutionnelles dans le cadre de la réflexion et du débat impulsés par la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Si la présidente von der Leyen s’est bien gardée, dans son discours lors de la signature de la déclaration conjointe sur la Conférence, de demander davantage de compétences pour l’Union européenne, sa conviction apparaissait entre les lignes : « C’est précisément en temps de crise que nous voyons […) dans quels domaines nous devons nous améliorer. Ces derniers mois ont montré ce que l’Europe peut réaliser si elle dispose des compétences et des moyens d’action nécessaires(…). Mais au cours de cette pandémie, nous avons également connu des difficultés. Lorsque les compétences de l’Europe sont faibles ».

Rendez-vous est pris !

Télécharger le REIF Info 359