Au cours de l’année écoulée, devant l’urgence d’apporter une réponse à la crise Covid, les Etats membres ont adopté les uns après les autres des mesures de restriction de la mobilité. Alors que la liberté de circulation est une valeur fondatrice et cardinale de l’Union européenne, à laquelle elle reste largement identifiée au-delà même de ses frontières, la Commission a dû se résoudre à accompagner tant bien que mal ce mouvement en proposant a minima une coordination des mesures nationales.

L’Union n’a néanmoins jamais renoncé à promouvoir la libre-circulation et la mobilité au cours des derniers mois. Le 17 mai, après quasiment quatre ans de trilogues, les colégislateurs se sont entendus sur la Directive Carte Bleue révisée qui devrait assouplir les règles d’admission, de séjour et de circulation des travailleurs qualifiés au sein de l’UE, ainsi que renforcer leurs droits.

Le lendemain, le Parlement donnait son feu vert à Erasmus + pour 2021-2027. Pour surréaliste que cela puisse paraitre à l’heure actuelle, l’emblématique programme permettra à 10 millions d’Européens d’étudier à l’étranger, en renforçant l’accès de certains publics : adultes en formation, citoyens handicapés ou encore personnes issues de l’immigration.

Avec ses propositions en matière numérique, enfin, et spécialement avec l’initiative sur l’Espace européen des données de santé, la Commission s’attaque au chantier de la circulation et du partage des données en Europe, qu’elle souhaiterait promouvoir tant entre Etats membres qu’entre secteur public et privé.

Restent des dossiers en souffrance, dont la négociation des Règlements de coordination de la sécurité sociale, qui ne feront semble-t-il de nouveau pas l’objet d’un compromis sous présidence portugaise de l’UE. Et c’est peut-être désormais à la promotion d’une mobilité verticale que l’Union devrait s’atteler : ainsi que le démontrait un récent rapport Eurofound, les citoyens européens s’inquiètent de manière croissante des possibilités de mobilités sociales.

Le compromis trouvé entre le Conseil et le Parlement le 20 mai sur le certificat Covid numérique devrait permettre prochainement aux Européens de renouer avec la liberté de voyager. Si cet épisode de repli pourra semble-t-il être refermé sans avoir entraîné de remise en cause profonde du projet européen, c’est sans doute parce que l’Union est devenue plus qu’un simple espace de libre-circulation.

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